LE JOUR OÙ LES OISEAUX ONT COMMENCÉ À RENTRER DANS NOS MAISONS
Un nouveau virus s’est propagé. Les oiseaux ont senti le danger : bientôt, l’air respirable leur serait interdit et les fenêtres seront scellées.
D’abord, une ombre discrète projetée sur un rideau. Puis, plus audacieux, ils se sont posés dans les intérieurs silencieux : sur la chaise d’un salon, au bord d’une baignoire, près d’une lampe encore chaude. Leurs silhouettes se sont mêlées aux nôtres, dans des chambres baignées d’une lumière dorée, au détour d’un piano endormi, jusque dans le reflet d’un miroir ou la pénombre d’un couloir. Ils ont apporté avec eux un souffle de liberté, une part d’inattendu dans le quotidien suspendu.
À travers ces présences, le familier devient étrange, presque irréel. Les oiseaux apparaissent comme des messagers, rappelant que la frontière entre dedans et dehors, entre réel et imaginaire, est fragile et mouvante. Ils sont les témoins muets d’un temps bouleversé, les complices d’un huis clos partagé avec la nature.










